J’allais au bord de la petite rivière qui traversait la ville comme une rigole égoût j’’avais les lieux dans la poche et la rivière comme un courant d’air d’où revenait mes espoirs déments. Un mouchoir de poche :  quelques rues et la berge qu’arpentaient les homosexuels, ils trouvaient et moi je rentrais seul, comme une marque indélebile.

La rivière a coulé, la ville s’est pliée en deux dimensions sur une carte géographique et je suis devant le plus beau lac du monde. Même flacon d’eau-de-vie à mon côté je bois un coup mes yeux mouillent le miroir de l’eau. Il y a des arbres des herbes sauvages un ou deux cadavres - des bouteilles bues - des fleurs et des bateaux vides au milieu du lac couleur de ciel plombé. L’air et la température sont bons. J’ai retroussé mon pantalon en coton et retiré mes espadrilles ; quelques mouches me chatouillent alors j’agite les mains ou les pieds. Des papillons un martin-pêcheur.lac_de__l_est

Elle. Elle n’est pas là. Ma suceuse d’angoisse mon emploi du temps l’echo de ma présence est ailleurs.
La végetation me fait des compresses l’eau du lac m’emmène vers une autre rive, lointaine, une rive inconnue dans une nouvelle ville, une grande ville qui ne tient pas dans ma poche
Pourquoi toujours démenager ? Pourquoi je n’ai pas de regrets ? Peu importe pourquoi !
Je suis au pied du lac et mes espoirs dementis s’evanouissent emportés par une brise intime. J’écrase une cigarette sur la terre en faisant bien attention de ne pas carboniser les fourmis qui vaquent à leurs affaires. J’avais écrit que j’esperais une fille qui ne me laisse pas le temps de passer le temps sur son dos et bien là je suis servi !
Elle me force à la mutation du conte de fées en conte cruelle de la jeunesse. C’est le moment mais moi je veux le lui faire payer et je passe le plus fort de mon temps à imaginer des répliques assassines.
Et pour aller où ? Avec un cadavre à mes côtés ? Quatre mouches sur l’avant bras où j’ai tatoué son prénom j’agite elle est l’ange de la liberté que je voudrais exploiter je tente une esquive à gauche mais n’arrive pas à bander. Ou elle m’a mangé ou nous sommes véritablement des âmes sœurs sous le ciel que Dieu occupe.

Je parle de Dieu mais lui n’a pas ces problèmes il sait comment être fort quand elle n’est pas là.