Après les articles traduits sur blogenchine.com à propos de l’achat d’une femme pour le meilleur et pour le pire il importe aussi de parler de celles qui ne peuvent divorcer.
Sur blogenchine nous apprenons que beaucoup de femmes achetées s’enfuient rapidement de leur nouvelle maison. Elles reprennent leur liberté à temps et peut-être sans avoir touché un sou de la transaction. Elles se sauvent avant d’accoucher d’un enfant et d’être bloquées dans le noyau social de la famille, du monde du mari.
Traditionnellement après le mariage il n’est pas de bon ton pour la mariée de retourner à la « niang jia » maison de la maman. » Il y a quelques exceptions par exemple le deuxième Jour de l’An le mari et sa femme vont visiter les beaux-parents. S’ils doivent passer la nuit là ils ne pourront dormir dans le même lit. Dans la maison de la maman  le mari perd  ses privilèges il n’est pas à l’aise même s’il est accueilli avec respect. En dehors de la maison de la maman il a tout les droits il peut battre sa femme en public et personne n’osera intervenir.
J’emplois le terme traditionnellement, je précise, j’entends que chaque femme chinoise est encore plus ou moins imprégnées par ces idées malgré les idées progressistes, Mao et le communisme. La ville est plus tolérante que la campagne et les jeunes d’aujourd’hui se sentent certainement plus libres. Je ne crois pas que vingt ans en arrière elles auraient osé s’enfuire et pour aller où ? Qui aurait encore voulu d’elle ? Pas questions de rentrer chez maman et comment divorcer ?
C’est simple la liberté s’achète, le mari peut en fixer le prix. Combien vaut la liberté de sa femme ? J’imagine que cela dépend de l’âge. Il faut au minimum compter entre une à deux années d’un salaire moyen, 2000 Euros. Si la femme s’est trouvée un amant fortuné l’argent ne sera pas un problème mais elle sait que ce dernier ne l’épousera pas  (il est sans doute déjà marié et quoiqu’il en soit ne tient pas à épouser une femme divorcée même s’il l’aime)  elle ne vivra pas avec lui et donc elle n’aura d’autre statut social que celui d’une prostituée. Non seulement elle sera aux yeux de la plupart une moins que rien mais en plus elle jettera l’opprobre sur sa famille. Imaginez que la famille de l’épouse vit dans la même région que celle du mari et vous avez le cas d’une femme qui, peut importe le calvaire subi, ne pourra jamais divorcer bien que la loi lui en donne le droit. Sa propre famille l’en dissuadera. On pourra la laisser partir, travailler à l’extérieur mais à nouvel-an comme un petit oiseau migrateur elle reviendra chez son mari et lui donnera l’argent gagné sinon il ira se plaindre sur la place du village. Il est ici important de préciser que bien sûr la majorité des maris ne sont pas des salauds et que mes informations ne viennent que d’une région de la campagne chinoise. Je ne veux pas généraliser, c’est par exemple connu que les hommes de Shanghai portent souvent un petit tablier font la cuisine et la vaisselle. Il n’en reste pas moins que les sacrifices et l’abnégation dont la femme chinoise fait preuve ne sont pas une légende. Enfants, repas, travail, ménage, sexe, comment se venge-t-elle c’est une autre histoire.
Pour terminer je vous conseille le dernier film de Jia Zhang-ke ‘Still life’ les principaux thèmes de cet article y sont traités avec beaucoup de justesse et de pudeur.