chargé à blog

dimanche 20 juillet

ne dites pas partheid

Des militants anti-apartheid juifs sud-africains "choqués" par leur visite en Cisjordanie occupée LE MONDE | 19.07.08 | 14h19 • Mis à jour le 19.07.08 | 19h31 JÉRUSALEM CORRESPONDANT Andrew Feinstein n'était jamais venu en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Sud-Africain et juif, il a perdu sa mère et ses dix frères et soeurs dans l'Holocauste. Il a été très impressionné par le mémorial de Yad Vashem et l'évocation d'Auschwitz, où a péri sa famille. Cet ancien député de l'ANC (African national Congress) a également été très marqué par ce qu'il a vu à Hébron : les colons qui insultent et jettent des pierres sur les Palestiniens, qui s'en prennent à cette délégation venue se rendre compte sur place de la réalité des choses. "Comment, au nom du judaïsme, peut-on se comporter de cette manière ? Comment peut-on transformer en ville fantôme un quartier commerçant arabe pour protéger quelques centaines de colons ?", s'interroge-t-il. Avec un groupe de 22 Sud-Africains, défenseurs des droits de l'homme, membres de l'ANC, magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, blancs, noirs, indiens, une dizaine de juifs, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, du 6 au 10 juillet, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la "barrière de sécurité", rencontré des organisations de défense des droits de l'homme, visité Tel Aviv, tenté d'appréhender le conflit israélo-palestinien. Il ne s'agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l'apartheid que tous ont connu et subi. "Il n'est pas question de dénier à Israël le droit d'exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j'ai vu", déplore Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l'extension de la colonisation, par "la façon de traiter un peuple comme s'il était de seconde classe, par les pesanteurs de l'occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés". Geoff Budlender se refuse à "faire l'analogie avec le système d'apartheid", estimant que ce n'est pas "approprié". Mais Barbara Hogan, qui a passé huit ans dans les prisons sud-africaines parce qu'elle protestait contre la ségrégation raciale, a été stupéfaite de constater qu'existaient en Cisjordanie des routes séparées pour les colons et pour les Palestiniens, que ces derniers devaient obtenir des permis de l'administration israélienne pour se déplacer, ce qui lui a rappelé le système des "pass" pour les Noirs en Afrique du Sud. "Les non-Blancs vivaient dans des zones séparées, mais il n'y a jamais eu en Afrique du Sud de routes séparées, de "barrière de sécurité", de check-points, de plaques d'immatriculation différentes, de cantonnements dans des zones délimitées", s'étonne cette députée de l'ANC. "Tout cela est absurde et je me demande jusqu'où cela va aller, ce que ça va donner", s'interroge Barbara Hogan, qui se dit "choquée" par ce qu'elle a vu dans les rues de Hébron : "l'injustice, la haine, le désespoir". Elle se souvient de "la crainte dans les yeux des enfants", du silence régnant dans les rues du camp de Balata, à Naplouse. "Cette ville est assiégée. Les militaires contrôlent toutes les collines, tous les check-points. On ne peut pas entrer et sortir comme l'on veut. Cela n'a jamais existé en Afrique du Sud", ajoute Nozizwe Madlala-Routledge, ancienne vice-ministre de la santé et députée de l'ANC. Ce qui a frappé ces vétérans de la lutte anti-apartheid est le poids de l'occupation, l'importance des restrictions et la volonté d'établir une séparation complète. "La présence de l'armée partout, ces files d'attente aux check-points, ces raids de soldats sont pour moi pire que l'apartheid. Cela ne fait aucun doute. C'est plus pernicieux, plus sophistiqué grâce aux ordinateurs, qui n'existaient pas à l'époque. Ce sont des méthodes déshumanisantes", insiste le juge Dennis Davis. Ce n'est pas son premier voyage et il trouve la situation "plus sombre qu'elle n'a jamais été". "J'ai l'impression que nous sommes en 1965 en Afrique du Sud, lorsque la répression s'est intensifiée après la condamnation de Nelson Mandela. Il a passé vingt-sept ans en prison. A Naplouse, Saïd Al-Atabeh (membre du Front populaire de libération de la Palestine, condamné à perpétuité pour des attentats perpétrés en 1977 et qui avaient fait un mort et des blessés) est incarcéré depuis trente et un ans. Après le jugement de Mandela, il a encore fallu vingt ans pour que des sanctions internationales soient imposées contre le régime de l'apartheid. Ici, je ne vois aucune solution en perspective", dit-il. "Le bout du tunnel est plus noir que noir", renchérit Mondli Makhanya, rédacteur en chef du Sunday Times, l'hebdomadaire dominical le plus populaire d'Afrique du Sud, avant d'ajouter : "Nous, nous savions qu'un jour, cela allait se terminer, que les lois de l'apartheid allaient disparaître. Ici, ce n'est pas codifié, c'est l'occupation qui fait que le Palestinien est un être de seconde zone." Le terme d'"apartheid", considéré comme un outrage en Israël, est utilisé avec précaution par ces hommes et ces femmes qui se souviennent qu'il n'y a pas si longtemps, ils étaient encore qualifiés de "terroristes" par le gouvernement blanc sud-africain, rappelle Barbara Hogan. Ils se refusent aussi à parler de "racisme", de "colonialisme", "car nous ne sommes pas là pour juger mais pour nous informer", se défend Geoff Budlender, qui se déclare surpris de constater que "les Palestiniens veulent encore croire à une solution". "Mais, ajoute-t-il, lorsque vous voyez ce chapelet de colonies sur la route de Naplouse et que vous vous heurtez partout au "mur de séparation", on se dit que cela ne va pas être simple." Dans l'est de la Cisjordanie, la petite troupe de Sud-Africains s'est rendue à Biddo, à Bilin et à Budrus pour voir de près à quoi ressemble la "barrière de sécurité" dont Dorit Beinisch, président de la Cour suprême, leur avait dit qu'elle avait permis d'éliminer les attentats-suicides. A peine sur place, le groupe a été prié de reculer à bonne distance par des militaires israéliens arrivés immédiatement à bord de jeeps. "Si vous ne vous dispersez pas, cela sera considéré comme une manifestation et nous devrons agir en conséquence", a lancé au mégaphone le plus gradé. Les Sud-Africains sont repartis écouter les responsables des villages qui leur ont raconté de quelle manière ce qu'ils appellent le "mur de l'apartheid" avait "pourri" leur vie. "Je comprends parfaitement la peur des juifs, mais elle ne peut justifier ce qui se passe", conclut Andrew Feinstein avant d'ajouter : "Et je trouve très triste que cela se fasse au nom du judaïsme." Michel Bôle-Richard

Posté par bbristo à 20:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


mardi 01 mai

elle et le lac

J’allais au bord de la petite rivière qui traversait la ville comme une rigole égoût j’’avais les lieux dans la poche et la rivière comme un courant d’air d’où revenait mes espoirs déments. Un mouchoir de poche :  quelques rues et la berge qu’arpentaient les homosexuels, ils trouvaient et moi je rentrais seul, comme une marque indélebile.

La rivière a coulé, la ville s’est pliée en deux dimensions sur une carte géographique et je suis devant le plus beau lac du monde. Même flacon d’eau-de-vie à mon côté je bois un coup mes yeux mouillent le miroir de l’eau. Il y a des arbres des herbes sauvages un ou deux cadavres - des bouteilles bues - des fleurs et des bateaux vides au milieu du lac couleur de ciel plombé. L’air et la température sont bons. J’ai retroussé mon pantalon en coton et retiré mes espadrilles ; quelques mouches me chatouillent alors j’agite les mains ou les pieds. Des papillons un martin-pêcheur.lac_de__l_est

Elle. Elle n’est pas là. Ma suceuse d’angoisse mon emploi du temps l’echo de ma présence est ailleurs.
La végetation me fait des compresses l’eau du lac m’emmène vers une autre rive, lointaine, une rive inconnue dans une nouvelle ville, une grande ville qui ne tient pas dans ma poche
Pourquoi toujours démenager ? Pourquoi je n’ai pas de regrets ? Peu importe pourquoi !
Je suis au pied du lac et mes espoirs dementis s’evanouissent emportés par une brise intime. J’écrase une cigarette sur la terre en faisant bien attention de ne pas carboniser les fourmis qui vaquent à leurs affaires. J’avais écrit que j’esperais une fille qui ne me laisse pas le temps de passer le temps sur son dos et bien là je suis servi !
Elle me force à la mutation du conte de fées en conte cruelle de la jeunesse. C’est le moment mais moi je veux le lui faire payer et je passe le plus fort de mon temps à imaginer des répliques assassines.
Et pour aller où ? Avec un cadavre à mes côtés ? Quatre mouches sur l’avant bras où j’ai tatoué son prénom j’agite elle est l’ange de la liberté que je voudrais exploiter je tente une esquive à gauche mais n’arrive pas à bander. Ou elle m’a mangé ou nous sommes véritablement des âmes sœurs sous le ciel que Dieu occupe.

Je parle de Dieu mais lui n’a pas ces problèmes il sait comment être fort quand elle n’est pas là.

Posté par bbristo à 11:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

mercredi 21 mars

le prix d'une femme

Après les articles traduits sur blogenchine.com à propos de l’achat d’une femme pour le meilleur et pour le pire il importe aussi de parler de celles qui ne peuvent divorcer.
Sur blogenchine nous apprenons que beaucoup de femmes achetées s’enfuient rapidement de leur nouvelle maison. Elles reprennent leur liberté à temps et peut-être sans avoir touché un sou de la transaction. Elles se sauvent avant d’accoucher d’un enfant et d’être bloquées dans le noyau social de la famille, du monde du mari.
Traditionnellement après le mariage il n’est pas de bon ton pour la mariée de retourner à la « niang jia » maison de la maman. » Il y a quelques exceptions par exemple le deuxième Jour de l’An le mari et sa femme vont visiter les beaux-parents. S’ils doivent passer la nuit là ils ne pourront dormir dans le même lit. Dans la maison de la maman  le mari perd  ses privilèges il n’est pas à l’aise même s’il est accueilli avec respect. En dehors de la maison de la maman il a tout les droits il peut battre sa femme en public et personne n’osera intervenir.
J’emplois le terme traditionnellement, je précise, j’entends que chaque femme chinoise est encore plus ou moins imprégnées par ces idées malgré les idées progressistes, Mao et le communisme. La ville est plus tolérante que la campagne et les jeunes d’aujourd’hui se sentent certainement plus libres. Je ne crois pas que vingt ans en arrière elles auraient osé s’enfuire et pour aller où ? Qui aurait encore voulu d’elle ? Pas questions de rentrer chez maman et comment divorcer ?
C’est simple la liberté s’achète, le mari peut en fixer le prix. Combien vaut la liberté de sa femme ? J’imagine que cela dépend de l’âge. Il faut au minimum compter entre une à deux années d’un salaire moyen, 2000 Euros. Si la femme s’est trouvée un amant fortuné l’argent ne sera pas un problème mais elle sait que ce dernier ne l’épousera pas  (il est sans doute déjà marié et quoiqu’il en soit ne tient pas à épouser une femme divorcée même s’il l’aime)  elle ne vivra pas avec lui et donc elle n’aura d’autre statut social que celui d’une prostituée. Non seulement elle sera aux yeux de la plupart une moins que rien mais en plus elle jettera l’opprobre sur sa famille. Imaginez que la famille de l’épouse vit dans la même région que celle du mari et vous avez le cas d’une femme qui, peut importe le calvaire subi, ne pourra jamais divorcer bien que la loi lui en donne le droit. Sa propre famille l’en dissuadera. On pourra la laisser partir, travailler à l’extérieur mais à nouvel-an comme un petit oiseau migrateur elle reviendra chez son mari et lui donnera l’argent gagné sinon il ira se plaindre sur la place du village. Il est ici important de préciser que bien sûr la majorité des maris ne sont pas des salauds et que mes informations ne viennent que d’une région de la campagne chinoise. Je ne veux pas généraliser, c’est par exemple connu que les hommes de Shanghai portent souvent un petit tablier font la cuisine et la vaisselle. Il n’en reste pas moins que les sacrifices et l’abnégation dont la femme chinoise fait preuve ne sont pas une légende. Enfants, repas, travail, ménage, sexe, comment se venge-t-elle c’est une autre histoire.
Pour terminer je vous conseille le dernier film de Jia Zhang-ke ‘Still life’ les principaux thèmes de cet article y sont traités avec beaucoup de justesse et de pudeur.


Posté par bbristo à 08:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 14 mars

Du Henan au Hubei

La portière du wagon couchette numéro 8 est gardée par une femme de plus de quarante ans, uniforme casquette bleu foncé des chemins de fer. Je lui montre mon billet et elle me fait non de la tête. 20 kilos de bagage plus de quatre heures de route derrière moi et la tête du mec un peu fatigué, un peu.
Comment fais-je pour encore avoir un litre de bière et une clope dans les mains ? Il est onze heures du soir ; le flic sur le quai à qui j’ai montré mon billet place assise me conseille d’aller voir dans le wagon 11, c’est là que se trouve le préposé aux réservations tardives et il devrait pouvoir me trouver une couchette. Je lâche mon sac à côté du flic et courre vers le wagon 11. Le préposé me répond négativement, c’est la période de la Fête du Printemps et le train est bondé. Il me dit que je peux toujours essayer de demander au chef du train.
C’est un jeune homme d’une trentaine d’année qui discute tranquillement sur le quai, sur son épaule il a le badge de chef du train. Il a l’air autant désabusé que je suis fatigué. Il n’insiste pas, puisque je suis étranger, et me fait un petit papier signé pour monter dans le wagon couchette numéro 8. Je lui demande trois fois s’il est sûr de son coup, je lui montre mon gros sac cent mètres plus loin et insiste sur le fait que je ne tiens pas à le porter pour des prunes. Le chef du train est catégorique j’aurai une couchette. Je retourne vers le policier et lui offre une cigarette il accepte en bougonnant.
L’air sévère et l’uniforme des chemins de fer elle me fait non de la tête je pose mes sacs prend une gorgée de bière, respire, et lui montre le papier que m’a fait le chef du train. Elle est un peu étonnée et me dit de m’installer sur la première couchette à droite. Je finis ma bière pose la bouteille quelque part sur le quai et essaie de soulever mes bagages. Je n’en peux plus, un passager me donne un coup de main pour hisser mon gros sac en plastic bon marché et assez résistant. Il fait un mètre de long sur cinquante centimètres en hauteur. J’en ai acheté six, tous remplis à craquer, cinq sont déjà partis par la poste.


C’est confort mon gros bagage est sous la couchette le sac en bandoulière planqué sous les coussins je me lève pour fumer dans l’inter wagon. Pas de voyageur debout pas de gamins qui pleurent pas de montagne de bagages de toutes les couleurs avec des gens assis dessus pas de toilettes transformées en places debout. Un calme irréel. La cheffe du wagon me dit de fumer un peu moins avec un reproche maternel dans le regard elle est avec le chef du train qui encaisse l’argent du surplus pour la place couchette.
Le train s’ébranle je n’aurais jamais imaginé avoir une si bonne place. La cheffe du wagon me dit qu’il faut dormir et je n’ai pas l’intention de résister à sa façon de gérer son petit monde.


                                                              =


Les fleurs de prunier et de cerisier parfument l’air du petit matin je traverse l’allée pour m’occuper du potager la terre est grasse de rosée et les mauvaises herbes sont faciles à arracher, cela fait je sors de ma poche droite des bandes de raphia pour attacher les plants de tomates aux tuteurs elle va m’appeler de la maison juste mon prénom le petit déjeuner sera prêt je me chante une petite chanson qui ressemble bizarrement à la sonnerie de mon portable. Patatras ! Je tombe de la couchette.

Il est cinq heures et demi du matin la fille qui est chargé de m’accueillir m’a appelé depuis la gare je commence à mettre un peu d’ordre dans mes affaires sors mon nécessaire de toilette et vais me rafraîchire. A mon retour un nouveau SMS elle me demande où je suis. Vu l’heure je ne devrais plus être très loin. Je devrais arriver à six heures. Nous sommes arrêtés entre deux gares et personne ne peut exactement dire où nous sommes, quelques dizaines de kilomètres, pas plus, de la gare où l’on m’attend.
Bruit de wagons je prends mes sacs traverse péniblement le wagon et vais me poster dans l’inter compartiment prêt à sortir. Le train s’arrête de nouveau mon téléphone portable n’a bientôt plus de batterie dernier message je devrais arriver à six heures et demi. Je cherche dans mon sac à bandoulière mais je ne trouve pas ma batterie de rechange. Calme je m’allume une cigarette chercherai plus tard je bois un peu d’eau chaude que j’ai versé dans la bouteille de vin de la veille et regarde par la portière. C’est un nouveau pays je n’y connais personne qu’une voix qui me dit qu’elle est déjà à la gare.
Je suis déjà passé par-là mais ne me suis jamais arrêté je n’en connais pas plus que ce que je vois de la portière : des collines de théiers des palmiers à peine tropicaux les buffalos d’eau dans les rizières des maisons à deux étages terrasse sur le toit où l’on suspend le linge la terre rouge orange un dialecte que je ne comprends pas. J’appuie le front contre la fenêtre et sombre dans mes pensées. Mon sac ! Où est la deuxième batterie ? Je ne la trouve pas. Je voudrais appeler là-bas la petite ville hier après-midi quand j’ai pris le bus avec mes kilos de bagages. L’appartement vidé j’ai dit au revoir sur le palier et me suis engouffré dans un taxi. Les avenues défilent comme des rideaux que je ferme sur mes trois ans dans la petite ville ; les élèves les collègues les amis les patrons les coups ratés les coups réussis les rires les pleurs mes folies les petits déjeuners dans l’appartement le bisou avant d’aller travailler les sourires et salutations aux voisins le bar tabac… J’arrive à la station de bus pour la capitale j’ai déjà mon ticket, le dernier hello moqueur et de ma part la dernière insulte. La dernière rangée de siège est vide, idéal pour la sieste.
Le train repart à vingt à l’heure nous sommes plusieurs entre les portes l’on m’offre une cigarette avec un drôle de regard pour la bouteille d’alcool que je descends au goulot. Quand arriverons-nous? Bientôt. Je refais les poches de mon sac rien à faire je commence à douter d’avoir amener cette satanée batterie. L’homme dans les beaux habits qui discutent avec la femme à côté de moi m’offre une nouvelle cigarette de luxe j’accepte. Un petit ouvrier de quarante ans nous demande d’arrêter de fumer sa mère le visage défait s’appuie sur leurs trois gros sac en plastic bon marché mais assez résistant. Nous arrivons ! Je descends le premier - j’étais devant la portière depuis plus d’une heure - pose mon sac parterre et pose une question toute bête à la chef de wagon du service diurne : Est-ce bien la gare X ? Non !
Quand tout ce qui devait descendre du train est descendu j’hisse mon sac et une fois la portière fermée j’y appuie mon front. Le train repart lentement vers là où je vais, là où je vais faire quoi ? Tout recommencer ? Le train s’arrête de nouveau il est plus de sept heures et avec le retard pris nous sommes relègués et obligés de laisser passer les trains de banlieue un deux trois quatre le train repart. Pour passer le temps je refais mon sac de fond en comble toujours pas de batterie.
Huit heures vingt j’arrive à destination, enfin sur le bon quai j’y traîne mon sac et m’arrête pour souffler tous les trois pas. Ils reconstruisent la gare un vrai chantier et un labirynth pour enfin trouver la sortie. Après dix minutes je suis enfin devant la porte de sortie noire de monde qui cherche è s’extraire du boyau où un poinconeur vérifie les tickets un pas je pose mon sac un pas je pose mon sac ainsi de suite et finalement la lumière du soleil. Il y a autant de monde dehors pour acceuillir les passagers qu’il y a de voyageurs par chance ma peau blanche sort du lot et j’entends mon prénom..


                                                             =


Tirer la manette contre soi et régler la température en la pivotant vers la gauche ou vers la droite. L’eau chaude coule sur la peau crasseuse huileuse poussiéreuse collante merde j’ai oublié d’acheter un savon ! Il reste un petit paquet de shampoing du dernier hôtel cela ne fera pas l’affaire ; ce n’est pas grave je profite des sensations que me procure l’eau chaude qui ruisselle sur mon corps essaie de me décontracter et me jure de ne pas oublier d’acheter du savon quand je sortirai pour discuter du contrat.
A part de grosses taches d’humidité sur les murs l’appartement est plutôt bien tout y est : télé réfrigérateur VCD ordinateur Internet etc. Ne manquerait plus qu’une planche repasser ! Sur la table basse du salon j’ai vidé une partie de mon sac pêle-mêle tiens la batterie que je cherchais.
Par superstition je ne déballe que le nécessaire, peur de m’installer trop vite et de devoir repartir. J’éteins la télé - toujours aussi nul – et me couche sur le lit j’y ai mis un de mes draps j’essaie de me reposer les yeux grands ouverts je regarde le plafond et attend l’heure du rendez-vous.

Elle m’accueille tout sourire elle ne doit pas être encore mariée le fond de teint cache mal son eczéma elle est presque jolie son travail est de recruter puis d’arranger la vie quotidienne des profs étrangers sur le campus.
Elle aimerait que tout se passe très vite pour les papiers j’ai déjà le contrat sous les yeux demain ce sera la visite médicale le test HIV. Tu es en bonne santé ? Euh oui, oui. Il faudra encore l’obtention d’un certificat d’expert et puis avec ces papiers descendre jusqu’à Hong Kong pour obtenir le visa de travail ! Voilà c’est dit, bonne après-midi demain une voiture m’attendra devant la porte pour aller à l’hôpital.
Elle est pressée de rentrer chez elle, les vacances de la fête du printemps, mais elle doit attendre que les tracasseries administratives du dernier étranger arrivé soit réglé pour enfin profiter de son congé. Tu es en bonne santé ? Euh oui, oui.
L’Université est vide ou presque. Les rares étudiants que je croise ont tous des bagages à la main et se dirige vers la porte principale vers l’arrêt du bus 515 le seul qui passe devant l’Uni. C’est là qu’il y a une ribambelle de petits magasins, coiffeurs, restaurants et autres commerces. La plupart ont déjà tiré le rideau de fer. Vacances.
La  petite route est boueuse, à gauche de l’entrée il y a une grande mare pleine de détritus et puis des petits jardins potagers un peu partout c’est la campagne, il n’y a que les blocs vides de l’Université qui font plus de deux étages, six précisement.
Je trouve un petit magasin le vieux est à moitié sourd j’arrive quand même à acheter un savon et un peu de bière. J’en bois une en mangeant un bol de nouille - premier repas de la journée -  regarde les étudiants qui rentrent chez eux les commerces qui ferment. Suis-je arrivé?
Le soleil commence à rougir je me promène entre les blocs vide, traverse le campus avec mon sac en plastique dans la main jusqu’à la porte de derrière. Il y a un sentier qui mène vers un petit lac. Suis-je en bonne santé ? Et le certificat d’expert ? Comment ? Où passerai-je la Fête du Printemps ? Avec qui ?
Je me trouve une jolie pierre au bord du lac m’assied regarde le soleil grossir. Des paysans rentrent des champs ils ont planté des petits palmiers toute la journée.

                                                                =


Douché rasé de près, une voiture m’attend en bas pour aller à l’hôpital il y a la charmante fille qui s’occupe de mes papiers et le chauffeur ils sont assis devant je monte derrière, ils discutent entre eux me disent un petit bonjour je réponds laconiquement.
La voiture file. Je me cale sur mon siège de manière à ne pas me voir dans les rétroviseurs. Qui aime les hôpitaux ? Il va falloir montrer patte blanche bon pied bon œil et sang propre. Nous longeons un lac le paysage est vraiment magnifique ici. La dernière fois que j’y suis allé c’était aussi pour les tests, ma petite amie y tenait en fait non ce n’était pas la dernière fois j’y étais retourné avec une colonie de morpions. Le docteur du service maladie sexuelle était une cheffe de service l’assistant une assistante et la porte pas fermée. Je baisse mon pantalon inspection rapide pas de doute ce sont eux elle me fait une ordonnance et me dit qu’il est plus sage de n’avoir qu’un partenaire, d’accord je passerai le message.
Les hôpitaux que j’ai fréquentés étaient souvent vétustes mais toujours propre bon marché et le service efficace une légère tendance à gonfler l’ordonnance mais bon c’est de bonne guerre. Ce qui m’y frappe le plus c’est la quasi-absence d’intimité, la limite entre la salle d’attente et celle où l’on ausculte est floue. Les patients se pressent près du médecin pour être pris rapidement et nous en profitons pour écouter les problèmes des autres. Quelques fois le médecin demande de faire place claire tout au moins les hommes doivent sortir.
Je réponds distraitement à quelques questions du chauffeur nous longeons des avenues inconnues je n’ai pas l’air avenant et il reprend la conversation avec la petite ils parlent de moi. On ne sait connais pas très bien et si je n’étais pas en bonne santé qu’arriverait-il ?
D’abord je n’aurais pas l’air malin quelle serait la réaction de l’aide de camp et puis si je ne peux avoir de visa de travail y’aurait-il moyen que je reste à l’Uni ou tout au moins en Chine. Tu m’imagines retourner en Suisse ?
La voiture ralentit rentre dans la cour d’un immeuble moderne d’une demi-douzaine d’étages tout en verre  fier drapeau chinois et au-dessus de l’entré des caractères qui disent « bureau provincial d’inspection et de quarantaine pour immigrants et émigrants. » Bienvenue !
Dans le hall il y a la réception et la salle d’attente une cinquantaine de sièges heureusement vides. Mon guide commence mon inscription il faut prendre une photo et payer 500 balles. C’est l’Université qui paie mais elle a oublié l’argent sur son bureau moi j’ai des clopinettes le chauffeur lui avance l’argent et c’est parti !  Direction la première salle radiographie des poumons ah il y a déjà quelqu’un ce n’est pas grave commençons par le deuxième étage service de cardiologie. Elle me trimbale d’une salle à l’autre je passe à travers sous dessus dans des instruments médicaux qui crachent des bouts de papier avec mon pedigree santé marqué dessus les médecins répètent comme des automates des phrases en anglais qui se sont déformés à force et doivent sans doute signifier : levez-vous ôtez votre pull respirez profondément couchez-vous n’ôtez pas votre pantalon tournez-vous etc Nous attendons deux minutes devant la salle de mensuration par la fenêtre elle voit un pigeon mort sur le balcon et me demande pourquoi il est mort. De vieillesse. Je repense à mon collègue dans la petite ville il s’est fait opérer sans savoir quel problème il avait ça lui faisait mal mais personne n’a su lui traduire hernie en anglais.
Cœur poumon taille abdomen yeux oreilles prise de sang prise de sang Sida test éliminatoire si je l’ai je l’ai attrapé ici ! Je passe mon bras au travers d’un guichet de l’autre côté un infirmier tire mon sang noir puis me tend un petit gobelet à remplir de pipi. Je croyais que c’était pour analyser mes reins ou ma vessie je me rends compte maintenant qu’il s’agit plutôt d’un dépistage de drogue. C’est drôle j’avais oublié ça.
Je ressors des toilettes et elle me dit que j’étais rapide ! Un compliment ?
Pas plus d’une demi-heure en tout et nous sommes dehors, j’apprécie. Je n’ose imaginer le cauchemar quand les cinquante sièges de la salle d’attente sont occupés !
Le chauffeur est devant l’entrée je suis toujours aussi peu loquace juste un sourire mitigé en attendant  les résultats et puis il y a encore les démarches pour obtenir un certificat d’expert ensuite aller dans une ambassade hors de Chine et puis une visite à la police locale et puis… C’est fait je l’ai ! Un mois après mon arrivée nous avons passé à travers toutes les formalités et hier elle m'a rendu mon passeport avec mon permis de résident.


Posté par bbristo à 15:31 - Commentaires [1] - Permalien [#]

mercredi 03 janvier

ça sent la bière de Londres à ...

un gros je(u) gras et une jolie Chinoise
http://img.games.tom.com/images/2006/mini/1114/20061114_yy.swf

Cliquez sur l'îcone bleu au milieu de l'image pour commencer.
Pour remplir le demi cliquez sur le pressoir au-dessus du verre. Il faut que le niveau de bière s'arrête entre les deux lignes rouges.
Ce n'est pas compliqué mais si vous voulez améliorer le score recliquez sur l'adresse.

J'en suis à deux ou trois litres déjà et si seul

Posté par bbristo à 22:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]


mardi 26 décembre

James Brown - Show '66


James Brown - Show '66
Vidéo envoyée par weldbardo
James Brown - It's A Man's World.... James Brown, le roi de la soul, est mort Surnommé "le Parrain de la Soul" ou "Mr Sex Machine", le chanteur américain James Brown qui a accumulé au cours d'une carrière longue et mouvementée, disques au succès planétaire, cures de désintoxication et séjours en prison, est mort à l'âge de 73 ans à Atlanta, a-t-on appris lundi auprès de sa maison de disques. "M. Brown est décédé tôt ce matin. Nos pensées et nos prières vont à sa famille et à ses proches", a indiqué Intrigue Music dans un communiqué. "Le chanteur avait été admis dimanche soir à l'hôpital Emory Crawford Long d'Atlanta avec des symptômes de pneumonie. Il est mort vers 01H45 lundi matin d'une insuffisance cardiaque congestive", selon la maison de disques. "Laura et moi sommes attristés par la mort de James Brown", a affirmé le président George W. Bush dans un communiqué transmis par la Maison Blanche. "Durant un demi siècle, le talent novateur du 'parrain de la soul music' a enrichi notre culture et influencé des générations de musiciens", a-t-il estimé. La mort du chanteur a surpris tous ses proches. James Brown devait se produire mercredi et jeudi dans le Connecticut et le New Jersey (nord-est) et deux concerts étaient prévus à New York le 31 décembre. Selon Intrigue Music, James Brown devait chanter aussi au Canada au début de l'année 2007 et trois concerts étaient prévus en France (Grenoble, Marseille et Paris) en juin. Connu pour ses performances scéniques et ses tenues de scène voyantes, devenu l'homme le plus imité du show business, James Brown, alias également "Mr Dynamite", a produit plus de 75 albums, vendus à des millions d'exemplaires dans le monde.

Posté par bbristo à 11:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 25 décembre

est-ce père?

Selon l'archevêque de Canterbury, la population n'espère plus un règlement du conflit israélo-palestinien

LONDRES (AP) - Ceux qui vivent dans la région ont presque perdu tout espoir qu'une solution politique puisse être trouvée au conflit israélo-palestinien, devrait déclarer l'archevêque de Canterbury, lors de son discours prononcé à l'occasion lundi de Noël, selon des extraits diffusés dimanche.

De retour d'une visite en Terre Sainte, le dirigeant de l'Eglise anglicane Rowan Williams devrait affirmer lundi à quel point il lui a semblé grave le nombre de gens dans la région qui ont abandonné tout espoir d'un accord de paix négocié, et devrait exhorter le reste du monde à ne pas tourner le dos au Proche-Orient.

Les communautés israélienne comme palestinienne craignent un futur qui les verraient disparaître "pendant que le monde regarde ailleurs", estime l'archevêque de Canterbury, selon les extraits.

"Allons voir, allons écouter; faisons leur savoir, Israéliens et Palestiniens, qu'il seront entendus et pas oubliés", devrait-il souhaiter lundi.

Durant sa visite à Bethléem, ville de Cisjordanie où Jésus serait né selon les chrétiens, Rowan Williams a estimé que le mur de sécurité construit par les Israéliens et traversant la ville symbolisait ce qu'il y a de "profondément mauvais dans le coeur humain".

Samedi, l'archevêque a durement critiqué le gouvernement britannique en expliquant que "le manque de clairvoyance" et "l'ignorance" des politiques britanniques en Irak faisaient courir un risque aux communautés chrétiennes de la région. AP

gb/v296

Posté par bbristo à 13:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 23 décembre

la chanson des 108 braves chinois

au_bord_de_l_eau

Une histoire de 108 bons brigands (voler les méchants pour donner aux pauvres) racontée dans le célèbre roman édité au 18em siècle  "Au bord de l'eau."
Cliquez sur l'image pour écouter.
La musique est de Zhao Jiping qui a entre autre écrit la bande originale du film "Sorgho Rouge" de Zhang Yi Mo avec Gong Li qui soit dit en passant est exécrable à voir dans le long métrage des deux flics à Miami. Quel benêt j'ai été d'avoir acheté ce DVD.

Cette chanson de Zhao Yi Ping a été écrite pour une série télévisée inspiré du roman sus-mentionné. Elle a été remise au goût du jour par Liu Huan qui la chante sur les plateaux TV où trente pour cent des chansons sont patriotiques.

La chanson des braves Chinois

Le grand fleuve roule vers l'Est
Au ciel les étoiles entourent la Grande Ourse
Pour la vie pour la mort un bol de vin
Pour l'eau pour le ciel un bol de vin
A l'ordre nous nous mettons en marche
Ce que tu as de trop je vais le donner
Et tout le monde en aura
Ni l'eau ni le feu nous fera reculer
Haro sur l'injustice
S'il faut sabrer, sabrons
Nous avançons sur les cinq continents

Posté par bbristo à 19:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 19 décembre

notre orgasme pour sauver la planète

oworld

L'idée de deux "faites l'amour pas la guerre." Le 22 décembre donne plus à ton partenaire et rêve de paix.

Voici des sites qui en parlent, mais pour le touché écoute ton coeur.
Agoravox   http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16834
Le site des deux "faites l'amour pas la guerre"  http://www.globalorgasm.org/french/
Leur vidéo en anglais http://www.globalorgasm.org/video_lg.html

Posté par bbristo à 21:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 18 décembre

la route nous prend qui


On a ça en Chine aussi
Vidéo envoyée par evahyw
et il reste Cuche et Barbezat, même en Chine

Posté par bbristo à 21:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]